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Les traditions équestres au Portugal

Les traditions équestres au Portugal

Les chevaux portugais, fils du vent
centaures de la mythologie et montures des rois

Coudelaria Rebello de Andrade - eguasJuments de la Coudelaria Rebello de Andrade

La légende nous raconte qu’en Lusitanie, pays bordé sur toute sa longueur par l’océan, il se passait quelque chose de singulier. On affirmait que les juments de la péninsule étaient fécondées par le vent, tandis qu’elles broutaient le long de la rivière Oceanus. Homère cite également les Ibériques comme étant rapides comme le vent et imprégnés par le Zéphyr. Selon Arsenio Raposo Cordeiro, auteur du livre Les fils du vent, il est possible que le mythe du Centaure aie été inspiré par la symbiose parfaite entre ce cheval et son cavalier qui ne faisaient qu’un sur le champ de bataille.

Mais qu’en est-il exactement?

Pour en savoir plus à leurs propos, il nous faut retracer leur histoire.

La plus ancienne trace de l’existence de chevaux au Portugal nous fait remonter jusqu’au paléolithique; il est avéré qu’une race encore sauvage (d’un peu moins d’1,50 m) y a établi son territoire dans l’Estremadura à la fin de l’ère glaciaire – il y a 25.000 ans. C’était une race fine et légère pourvue de sabots étroits adaptés aux sols caillouteux et aux massifs calcaires de la région.

Il y a 4.000 à 5.000 ans, un de ses descendants, au profil concave et légèrement plus grand, fut domestiqué et monté dans la péninsule. Le grec Xénophon et les Maures le décrivent comme une excellente monture; ils témoignent de ses caractéristiques uniques et la considère comme rapide, extrêmement agile, noble et vaillante. Ce qui lui valu la réputation d’être un cheval redoutable sur le champs de bataille.

Au moyen âge les chevaliers ­­­­chargaient sur des montures puissantes et lourdes capables de porter des hommes en armures et lourdement armés. Mais face à un ennemi possédant des montures agiles et rapides, ainsi que l’amélioration constante des armes utilisées, les techniques guerrières durent évoluer. L’arbalète et ensuite l’invention du pistolet (vers 1520), amorcent l’abandon progressif des équipements et chevaux lourds.
Or justement, l’Ibérique, souple et tonique, est bien plus adapté à la guerre moderne. Par conséquent, sa renommée grandissante fit de lui le cheval le plus recherché d’Europe à cette époque. Utilisé comme monture personnelle par les rois et les empereurs, l’art d’entraîner celui-ci devint le passe-temps favori de la noblesse. D’une certaine façon, on peut même considérer que ce fut les débuts du dressage tel qu’on le pratique encore aujourd’hui. Danser avec son compagnon devint une passion en soi. De grandes académies furent même formées à travers l’Occident et la plupart d’entre elles proclamèrent le cheval ibérique comme étant le meilleur de tous.

étalon liberté par Lena Saugencrédit photo Teresa Burton & Lusitano horse finder

En 1667, le duc de Newcastle écrivit à propos de celui-ci: « C’est le cheval le plus noble du monde et le plus beau qui puisse être. Il a de l’esprit, est docile et d’un grand courage. Il a le pas le plus fier avec les meilleures actions dans le trot, son galop est le plus relevé. Il est le plus doux et aimable des chevaux. Le plus apte de tous pour un roi en son jour de triomphe. »

Jusqu’en 1967, Portugais et Espagnols partagèrent le même livre généalogique. A cette époque, ces chevaux étaient connus sous le nom d’Andalous. A la séparation du livre généalogique, la branche portugaise a gagné celui de Lusitano, le terme attribué par la Rome antique à la région connue aujourd’hui comme le Portugal. ( Lusitania )

Golega 2016 01
crédit photo Ranch do Novo Mundo

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